30 septembre 2007
Récit Benicassim
Bon ben en attendant d'autres récits de voyage, voici celui du festival Benicassim, en Espagne. Il est vrai que j'ai mis du temps, vu que cela remonte à plus de deux mois, mais bon......c'est dur de lutter contre la flemme......Et puis cela donnera peut-être un brin de nostalgie à certains.
Sur la route
Enfin la route défile et pour une fois, la Normandie est
baigné de soleil.
Morgan et Myriam sont affalés dans la voiture, noyé sous des
tonnes de bagages qui vont de l’utile au superflu. La 106 est chargé un maximum
mais elle tient bien le coup (allez fonce ma petite !!). La belle campagne
française défile sous nos yeux et elle ne va pas changer pendant quasiment 600
Km, 10h de bagnole. Falaise, Alençon, Le Mans, Tours (trop moche), Poitiers,
Limoge (encore pire), Brive…etc. 1er objectif : se trouver un
trou paumé quelque part en Dordogne pour se reposer une journée. Je discute
avec Morgan tout excité d’être en vacance (moi aussi d’ailleurs). Myriam dort à
l’arrière et émerge de temps en temps pour sortir des blagues. Elle est dans le
zef mais d’humeur joyeuse. Après s’être trompé de route à l’embranchement à
Poitiers (nous sommes partis vers Bordeaux), nous arrivons vers 1H du mat en
Dordogne où nous avons la chance de choper un camping encore ouvert.
Le lendemain, c’est journée vacance typique avec piscine au
camping, visite d’un village troglodyte datant du moyen Age (faut se cultiver
de temps en temps), et Kayak ! (Morgan est content).


En Dordogne En espagne
Après, on reprend la route, c’est une grosse journée de bagnole.
Je n’ai jamais avalé autant de Km en si peu de temps. On ne perd pas de temps
et je file sur l’autoroute. Après Toulouse, le paysage change un peu. C’est
moins vert, un peu plus aride. A l’approche de la frontière, on entre en
montagne et la route est vraiment très trippante. Puis c’est l’Espagne, enfin.
Il commence à faire nuit quand nous approchons de Barcelone et je passe le
volant à Morgan. L’autoroute en Espagne n’est pas plus compliquée qu’en France
par contre les gens ont l’air un peu moins disciplinés sur la route, surtout
les putains de camions qui déboîtent sans prévenir et qui nous font faire de
belles frayeurs. Enfin, une heure après avoir passé Barcelone, nous arrivons à
Ruis et nous trouvons l’aéroport sans soucis. Il est 23H30, nous avons avalé
plus de 700Km presque d’une seule traite. Nous chopons Lorene qui nous
attendait depuis un moment, elle est contente de nous voir. Il est vrai que le
RDV était pour le moins hypothétique. Maintenant, nous sommes quatre dans la
bagnole qui commence vraiment à être bordélique, tassé comme des vaches. Nous
roulons vers la mer pour essayer de trouver une plage sympa dans la nature pour
planter la tente et passer la nuit (on est trop naze pour aller à Benicassim
directement). Mais le souci, c’est que le front de mer est bordé que par des
villes, des habitations. En Espagne, il n’existe pas de plage restée au contact
de la nature. C’est que du béton trop moche sur plus de 500km ! Finalement,
après avoir encore tourné une heure ou deux sans trouver ce que l’on cherchait,
nous nous posons sur un parking au bord de mer, en pleine agglomération, pour
finir la nuit.
Arrivée à Benicassim
Aujourd’hui, c’est la grande arrivée au festoch, ce
magnifique, géant et tant convoité festival pour lequel nous nous somme mis sur
la route, après avoir pas mal traîné quand
même. Morgan et Myriam veulent retarder l’échéance (comme si ils s’attendaient
avec anxiété à la suite). Lorene et moi n’y voyons pas trop d’objections. C’est
comme si nous avions besoin d’une bonne dose de repos avant de plonger dans le
gros délire du festival. En résumé, baignade le matin à l’endroit ou nous avons
dormis (une plage à côté pas trop dégelasse était attirante), ballade rapide
dans l’arrière pays, resto le midi, et sieste improvisé sur une aire
d’autoroute. Puis, après 3 petites heures de route, nous débarquons à
Benicassim.
Il s’agit d’une petite station balnéaire, au nord de
Valence, ni trop moche, ni trop jolie, coincé entre la mer et des montagnes
arides. Cette petite ville ressemble à toutes les villes côtières espagnoles à
ceci près que pendant le festival, elle accueille plus de 50000 personnes par
jour ! Déjà, aux abords de la ville, on voit la différence. Partout des
jeunes se déplacent à pied, de tous les genres, de toutes les
nationalités, soit dans des tenus des
plus extravagantes, ou la plupart du temps, en
« tatane-maillot-sunglasse », la norme vestimentaire du lieu. Le
festival ne commence que demain et déjà, les rues, les places, les campings
sont envahies de cette horde hétéroclite. Il règne dans la chaude atmosphère de
fin d’après midi une ambiance bonne enfant et joyeuse, un peu hors du temps, un
peu hors des normes. En parlant de camping, il serait temps de rejoindre le
notre. Les organisateurs ont ouvert trois campings pour les festivaliers, et
déjà deux sont plein à craquer. Le dernier, le plus près du festi est notre
objectif. Nous sommes une bande d’une dizaine de frenchies et nos amis sont
arrivés la veille, ils nous attendent. Après avoir tourné en rond, s’être paumé
un peu (comme d’habitude), nous suivant une petite route qui zigzag dans les
champs d’oliviers et qui débouche sur un champ servant de parking. Nous-y
sommes!
Le festival Benicassim
Le camping
Déjà, premier détail amusant, des caddies à la sortie du
parking sont à notre disposition pour mettre les sacs et arriver à l’entrée du
camping sans trop se fatiguer (idée futée). Celui-ci est installé au milieu
d’un champ d’olivier avec une belle vu sur les montagnes. Il est énorme. Des
bâches ont été installées pour protéger du soleil, bonne idée qui se révèle très
vite vitale.
Les douches sont collective et mixte (eh oui….). C’est un
gros bloc au milieu du camping. L’eau est froide mais on s’en fout vu la
chaleur. Des toilettes sont installés partout, pas toujours très nickel. Mais
le cœur de l’endroit est un bar sous chapiteau aménagé près de l’entrée. On
peut y boire le soir et prendre un café le matin (qui est dégueu d’ailleurs).
Comme c’est le seul endroit à l’ombre, la journée, il est toujours bourré de
monde. Le camping est surpeuplé. Partout, des gens, des gens et encore des
gens. Les tentes sont collées les unes aux autres, on ne voit parfois même plus
le sol. Je vous explique pas l’exercice d’acrobate qu’il faut faire la nuit
dans le noir pour rejoindre sa tente…..Il faut faire la queue pour tout :
Pour choper un jus d’orange a la buvette le matin, 30 mètre de queue, même
chose à l’endroit réservé à la recharge des téléphones (ils ont installés des
prises pour recharger les batteries, autre bonne idée). Bref, il ne faut pas
trop être claustrophobe. L’autre emmerde, c’est les prix pratiqué, très cher à
mon goût. Ce genre de festoch est une vraie pompe à fric. Très vite, je fais
une croix sur mes velléités d’économie (où de radinerie, selon les points de
vu). De toute façon, on est là pour en profiter donc tan pis pour la tune.
Chaque soir, c’est 30 à 50 euros qui partent dans la picolle. Mais l’ambiance
reste très cool. On n’est pas trop dérangé par le bruit des autres, mal grés le
nombre de gens. Le soleil tape très fort. Dès 9-10h du matin, impossible de dormir,
et comme on se couche en moyenne vers5-6h du matin, avec 15litres de bière dans
l’estomac…..Dès la première soirée, on sait que l’on va en chier pour finir le
festoch sur le même rythme. Alors, on soigne le mal par le mal. Dès que l’on
flanche, il faut re-piccoler pour retrouver la pêche. Enfin, dernier chose pour
parfaire le tableau : ces satanés rosbifs. Ils sont en large majorité à
Benicassim. Vous êtes en Espagne mais vous vous croyez à glastonburry. Ils sont
plus nombreux que les espagnoles. Faut aimer….Ils se baladent partout avec
leurs pintes de bières, leurs déguisements foireux et leurs matelas gonflables
pour la plage. Il y a aussi pas mal de français, des italiens, des allemands,
des gens de toute l’europe. Et que fait-on la journée quand on a besoin de
repos avant la prochaine soirée, on fonce en ville et à la plage.
Le bordel du camping


La plage
Après une bonne cuite la veille, quand le soleil tape trop
fort pour dormir, que le mal de crâne rend le camping insupportable et
par-dessus tout, que la faim nous tiraille, nous bougons vers la plage. La
marche est assez longue mais pas insurmontable. La ville de Benicassim est
envahie par les festivaliers, ils traînent partout…surtout là où il y a de
l’ombre. Le moindre mètre carré de pelouse sous un arbre est squatté. Se faire
une bouffe en terrasse nous soulage tous. Le ventre plein, il est encore un peu
plus dur de se traîner à la plage. Vivement la sieste. La plage est, oh
surprise, blindée de festivaliers. Elle est très grande mais les seuls
emplacements à l’ombre sont une petite bande de sable d’une cinquantaine de
mètres, évidemment surpeuplée. Après la bataille des tentes, celle des
serviettes. De toute façon, avec la fatigue, on s’en fout un peu d’être au
milieu d’un zoo de gens. Les barres d’immeubles sont toutes proches, le charme
unique du littoral espagnol s’offre à nos yeux d’alcooliques. L’eau est très
bonne, revitalisante. Nous zonons comme des pourris toute l’après-midi.
La plage
Certains se reposent........pendant que d'autres se perdent.


Le festival
Puis, tous les soirs, c’est teuf au festi ! L’enceinte
elle-même est énorme, le terrain couvre plusieurs hectares. Il y a 4 scènes
sous des grands chapiteaux et une géante, la principale, avec un espace grand
comme un terrain de foot devant. C’est là que passe les têtes d’affiches. Une
des scènes en particulier est destinée aux DJ’s en fin de nuit. A l’entrée, ont
été disposées des stands vendant tout et n’importe quoi, fringues,
souvenir…..y’a même une tente ou sont mis des distributeurs de clope. C’est que
benicassim est une grosse machine commerciale. C’est le coin « marketting ».
Vers le milieu, des brumisateurs ont été placés. Idée de génie pour rafraîchir
les pauvres festivaliers assommés de chaleur et d’alcool. Il y en a aussi dans
une des scènes sous chapiteau. C’est clair qu’en pleine euphorie de concert,
quand on est en sueur (pendant Chk Chk Chk par exemple), cette arrivée d’eau
fraîche sur nos gueules est une bénédiction. Il y a une grande pelouse sur un
des côtés, c’est la partie resto alimentation en tout genre, avec pas mal de
choix. Enfin, tout le terrain est parsemés de bars….il y en a partout, ils ne
désemplissent jamais. Mais il faut bien ça pour abreuver tous ces milliers de
gosiers assoiffés. Des gens ouf en tout genre déambule dans tout les sens. Dès
17H, commence les premiers concerts et l’arrivée des premiers « énervés de
la teuf ». Puis cela augmente toute la soirée. Une fièvre d’esprit festif
prend la foule. Une énergie assez délirante. Tout le monde est bourré, défoncé,
heureux, chaleureux. C’est très jouissif. C’est là que on se sent un peu sur
une autre planète, dans le sens ou les conventions habituelles régissant les
rapports sociaux semblent complètement changées. Le conventionnel et la
modération sont prohibés. C’est le royaume de l’excès, de la folie et de
l’amusement. Tout le monde est déguisés n’importe comment et fait n’importe
quoi. Peut être que c’est le seul moment dans l’année où des milliers de jeunes
venu de tous les horizons d’Europe (et sans doute trop inhibés par nos sociétés
conservatrices ?) peuvent réellement « se lacher ». Bref, c’est
l’esprit festival et nous nous en donnons a cœur joie. Les tournées de verre de
bière (5litres, ils ont pas plus petit) et de vodka-redbull s’enchaînent à des
rythmes effrénés toute les nuits. On tripe, ça fait du bien. Pour la musique,
j’ai particulièrement aimé Iggy Pop (surtout quand il a fait monter sur scène
une cinquantaine de fan pour danser, ce mec est une vrai bête de scène, vive la
C…..), Chk Chk Chk et les Klaxons, sans oublier Vitalic. Les artics monkeys ont
fait une bonne prestation, pas mal. Par contre, bien déçu par Clap your hands
and say yes (trop mou) et Muse qui nous a fait un show a la starwars avec son,
fumé, lumière grandiloquentes mais sans vraiment d’âme et de feeling avec le
public. J’en oublie certainement pleins d’autres qui m’ont fait kiffer mais ma
mémoire me joue des tours.
Voilà, un grand trip, entouré de pleins d’amis, une bonne bouffée
de bonheur.
Pour les petites histoires inoubliables, Mamat en apôtre de
la Vodka –Redbull, qui même dans ces rêves, est a fond dans le trip. La tête
dans la tente et le reste du corps dehors en train de siffler en dormant ces
belles paroles : « Benicccaasssim, benniccca…… ». Lorene qui
nous offres notre meilleur fou rire en déclarent qu’au début, elle s’est trompé
et qu’elle est allée se laver les dent avec l’eau (propre, je précise) mais qui
coule dans l’endroit qui n’est autre que les pissotières pour les mecs !
(Dsl lorene, c’est plus fort que moi). Jojo qui se transforme en Macgyver de la
« tente deux seconde », pour aller aider deux belles demoiselles en
détresse qui n’arrivent pas à replier cet outil compliqué….résultat, 30 min
après, il y est encore, il perd toute crédibilité, et nous, on se marre. Et
bien sûr, un grand coup de chapeau à Jarvis et surtout Postal, élu à
l’unanimité homme du festoch, pour sa bonne humeur, sa gentillesse, son
professionnalisme de la teuf qui m’a fait tripper à chaque fois!
La teuf entre potes






Retour, via Barcelone
Le retour s’est fait en deux temps avec une étape prolongée
à Barcelone, chez des amis. Cette ville est terrible, j’adore ce lieu, mais
c’est une autre histoire trop longue à raconter et je veux pas lasser mes
lecteurs de Normands (Nounours, non, décroche pas, encore un petit effort de
concentration !), qui vont me dire
que j’en met des tonnes.
C’est surtout le retour en bagnole qui a été épique. Nous
avons fait Barcelone – Caen en 24H, en se relayant à trois dans la
voiture ! Passage par l’Andorre pour faire des courses (faut bien en
profiter), arrêt de trois heures dans le centre de Toulouse pour bouffer en pleine
nuit (très jolie ville, je trouve), et puis non-stop après jusqu’à Caen.
Dernière galère du voyage : Vers 3H du mat, on se rend compte que la
voiture fait un bruit bizarre, pas normal. On s’arrête pour découvrir que le
pot d’échappement s’était fendu, et pendait dans le vide menaçant de s’éclater
sur la route ! Super……Celui-ci a fini dans le coffre. Cela nous est
arrivée peu après Brive et il a fallu se taper les 500 derniers Kms sans
lui ! Je vous explique pas le bruit de Formule1 que faisait ma pauvre 106,
avec l’angoisse que le moteur finisse par nous lâcher pour de bon…… Enfin, on
est bien arrivée à bon port, complètement crevé, sale, pourri du cerveau, et
dans une caisse dans un état lamentable.
Mais évidemment, heureux du trip que
l’on s’est tapé !!!
Nouveau départ? Nouvelle vie??
Bon voilà, un petit topo de ma situation :
Après avoir traîné ma carcasse de géomètre plus de 6 mois a Paris pour bosser, essayé en même temps de continuer ma licence d'histoire par correspondance, j'ai enfin retrouvé un boulot qui va me permettre d'assouvir mon désir d'expatriation, de voyage. Donc je vais pouvoir jouer au jeu du "topographe au 4 coin du monde". La boîte se situe à Montpellier mais travail partout dans le monde.
J'alternerai des missions de 1 à 2 mois maximum avec des périodes de vacances (pour un total à l'année de 7mois d'expat pour 5mois de récup payée...( pas mal non?). Je commence lundi mais de manière soft, avec 2-3 semaines à Montpellier pour me former au bureau.Mais, du coup, je vais en profitez pour en faire un nouveau blog à thématique du voyage juste réservé aux tribulations du Rabi. C'était d'ailleur mon premier but quand j'ai fais celui-ci mais mon plan au kenya était tombé à l'eau....
Donc a bientôt sur un nouvel espace!